Les maisons de l’enfance

/Les maisons de l’enfance
Les maisons de l’enfance2017-11-22T20:26:23+00:00

« Chaque enfant dès le plus jeune âge est un citoyen en devenir, héritier du monde que les adultes que nous sommes lui transmettrons, il devra à son tour en être un acteur et chercher à le transformer.

Se préoccuper de lui, c’est avoir le souci d’assurer l’avenir de la société !».

Christine Attali-Marot​

Inauguration de la maison de l’enfance de Punaauia

Nouvelles compositions familiales, nouvelle représentation de l’autorité parentale, nouvelle place de l’enfant dans la famille…

Face aux bouleversements que connaît la famille depuis plusieurs décennies, les parents s’interrogent, cherchent de nouveaux repères pour forger un modèle d’éducation qui leur correspond davantage. La vie de famille n’est donc pas un long fleuve tranquille!

En Polynésie française, comme ailleurs, la famille est traversée par de profondes mutations : baisse de la natalité, travail des femmes, exode des îles éloignées vers Tahiti. On observe une diminution du nombre de mariages, une instabilité conjugale impliquant un exercice de la fonction parentale confronté à de nouveaux enjeux, monoparentalité, recomposition familiale mais aussi isolement social du fait d’un accroissement de la précarité parfois couplé à un isolement géographique. Les mutations sociétales impliquent également une raréfaction des transmissions intergénérationnelles avec de plus en plus de jeunes familles nucléaires vivant loin du mode de famille élargie qui faisait naguère référence.

Ainsi, depuis 2009, le Pays a à cœur d’enrichir la qualité de vie des enfants et de leurs familles.

Vivre dans un pays jeune et dynamique nous donne des responsabilités à l’égard des générations futures. Reconnaître la place du tout-petit, c’est aider les familles à mieux vivre dans un cadre accueillant pour tous.

L’accueil en structure des jeunes enfants ne doit plus être conçu seulement comme un mode de garde au service des parents, mais avant tout comme des lieux d’éducation au service du développement des enfants, notamment des plus défavorisés.

La période de 0 à 3 ans est primordiale dans le développement de l’enfant. Agir dès cette période-clé du développement de l’individu, où les inégalités sociales ont l’impact le plus lourd mais où l’action publique peut, justement, être la plus efficace et la plus pertinente est un des enjeux en faveur de la création de ces Maisons de l’Enfance.

En effet, la pauvreté (au sens le plus large du terme) aurait un effet néfaste sur le développement cognitif et linguistique de l’enfant mais aussi sur son développement émotionnel. Elle peut être à l’origine des inégalités scolaires dès le plus jeune âge. Ces inégalités vont se répercuter ensuite sur le parcours scolaire et l’insertion socioprofessionnelle, comme si tout se jouait finalement dès le berceau. «Un enfant issu d’une famille pauvre a entendu 30 millions de mots de moins qu’un enfant issu d’un milieu favorisé».

Alors que les espaces d’accueil doivent rester des lieux de mixité sociale, inclure davantage d’enfants issus des milieux défavorisés permet de prévenir les inégalités. Les crèches et garderies ne sont pas assez reconnues comme des lieux d’éducation, elles sont inégalement réparties sur les territoires et trop peu accessibles aux familles défavorisées. Elles ne sont pas seulement un mode de garde, une façon de concilier vie professionnelle et vie privée mais bel et bien un temps éducatif pour l’enfant, des lieux d’accueil à « haute qualité éducative » pouvant remédier aux inégalités scolaires et sociales précoces.

En parallèle des espaces d’accueil parent-enfant doivent également être étendus pour prévenir les dysfonctionnements du lien mère-enfant, pour faire prendre conscience aux jeunes parents de l’importance pour leur enfant de sa prise en charge précoce sur le plan affectif, éducatif, de l’éveil et au plus près de ses besoins dans l’intérêt de son développement ultérieur : de l’acquisition de ses compétences, de son autonomisation, de sa socialisation et de son entrée dans les apprentissages. Ceci est d’autant plus important que l’enfant est issu d’un milieu défavorisé, porteur d’un handicap, d’une maladie chronique…

Ainsi, il n’est plus envisageable de dissocier l’accueil et l’éveil de l’enfant sans penser soutien à la parentalité, qualité du lien mère-enfant, père-enfant.

L’évolution progressive des besoins des parents, d’une part, et celle des pratiques et préconisations des professionnels, d’autre part, ont généré au cours des cinquante dernières années une forte diversification des modes d’accueil collectif du jeune enfant, tant qualitativement que quantitativement. Par ailleurs, l’ensemble des pays développés fait preuve aujourd’hui d’un appétit croissant pour les services de soutien à la parentalité, dans un contexte de transformation des structures familiales et d’intérêt porté à la logique de « l’investissement social » et ont décidé de mener une politique volontariste, innovante dans le domaine de l’accueil de la petite enfance dont les objectifs fixés sont bien connus :

• favoriser, aider le développement physique, psychique, favoriser l’épanouissement de l’enfant et son bien être, multiplier des activités de haute qualité éducative et stimuler les capacités langagières;

• permettre aux parents et aux mères en particulier, de mieux s’insérer dans la vie professionnelle en développant des modes de garde d’enfant de qualité. Les mères peuvent ainsi assurer leurs tâches professionnelles en toute quiétude.

L’existence d’impacts favorables pour les usagers de ces actions n’est plus à démontrer. Le soutien à la parentalité mérite d’être considéré comme un investissement social « rentable » permettant de renforcer la cohésion sociale et d’éviter des interventions curatives ultérieures. L’enjeu est de ne pas donner l’impression de prescrire un soutien à des pères et des mères qui se sentiraient jugés défaillants mais bien de répondre très concrètement aux nouveaux besoins exprimés ou ressentis par les parents sans doute d’autant plus, dans une période contemporaine marquée par l’affaissement d’un certain nombre de traditions et transmissions intergénérationnelles.

Dans le cadre du Pacte de Progrès et du contrat de développement, un partenariat Etat-Pays a été acté en 2009 pour développer en Polynésie française l’accueil de la petite enfance au sein de communes volontaires. C’est ainsi que le 23 juillet 2009, l’Etat et la Polynésie française s’engageaient en signant la convention de financement n°183 09, dans la voie de la modernisation de l’accueil de la petite enfance et de l’accompagnement des parents de jeunes enfants. Cette convention a permis le financement de la construction de Maisons de l’enfance sur des terres domaniales ou municipales dans les communes volontaires s’inscrivant à ce double projet.

Ont été retenus 5 projets : Punaauia, Faa’a, Taravao, Uturoa, Taiohae.

En termes de financement, la convention précitée répartissait les parts respectives de l’Etat (65.66%) et du Pays (34.34%), concernant initialement 6 bâtiments, pour un montant total de 710 000 000F CFP TTC, l’intervention de l’Etat se faisant au titre du Plan de relance, au moyen du Fonds exceptionnel d’investissement dédié. Le coût estimé pour chaque structure d’environ 350 m2 était de 118 000 000F CFP TTC.

Envisagé dans une perspective de développement local, l’intérêt d’une Maison de l’enfance est de pouvoir créer un espace de service public de proximité pour les familles du territoire, de présenter comme avantage un potentiel de nouveaux emplois. Vecteur d’animation locale, communale, c’est aussi un outil d’égalité des chances et de lutte contre l’exclusion ou l’isolement social.

Ainsi est né ce projet des Maisons de l’Enfance comme un outil fédérateur autour de la famille dans un objectif de cohésion sociale.

Bien que démarré en 2009 le projet a longtemps stagné faute de pilotage. Ce n’est finalement qu’en décembre 2013, que l’arrêté n° 1789 CM confiait la gestion et la coordination de ces Maisons de l’Enfance au Fare Tama Hau. Un budget de fonctionnement de 44 millions a été adopté avec une AP d’investissement de 20 millions.

La Direction de l’Equipement a été sollicitée pour effectuer quelques travaux de réfection avant ouverture de ces structures. L’équipement en matériel pédagogique et d’éveil a été financé sur un fond de prévention de la CPS. Le personnel est composé d’une éducatrice de jeunes enfants et de deux agents sociaux titulaires d’un CAP « petite enfance ».

L’objectif de ces Maisons de l’Enfance, en fonction des besoins identifiés dans chaque commune, est d’offrir sur un même site, diverses activités émanant de différents services: multi-accueil (à définir en fonction des besoins et de l’offre existante dans chaque commune), relais assistante maternelle, lieu d’accueil enfants/parents, permanences liées à des thématiques « petite enfance », structures passerelles avec l’école maternelle, espaces de médiation…

Ces structures sont dimensionnées pour accueillir 35 enfants au plus, dans des conditions correspondant aux normes d’hygiène et de sécurité en vigueur et favorisent des activités au service d’une haute qualité éducative. Elles s’appliquent à développer des interactions langagières avec les enfants dès leur plus jeune âge avec la participation des parents.

Elles se veulent complémentaires et non concurrentes des structures existantes.

Autour de cet espace sera créée une dynamique de rencontres et d’échanges pour informer les parents ou futurs parents sur la prise en charge de leurs enfants, pour répondre aux difficultés qu’ils rencontrent dans leur rôle d’éducateur, avec l’intervention de professionnels concernés mais aussi en partenariat avec des associations, parents volontaires…

Ces maisons, considérées comme des pôles d’exemplarité viendront en soutien des garderies existantes sous la forme de Relais Assistantes Maternelles (RAM) qui pourvoira à enrichir les activités offertes aux enfants, proposera aux parents des espaces d’échanges et donnera aux assistantes maternelles l’occasion d’échanger entre professionnels. En partenariat avec les maternelles de proximité, la coordination de classes passerelles facilitera l’entrée à l’école de l’enfant tout en rendant les parents co-acteurs.

La petite enfance est une période cruciale où les inégalités sociales en termes de santé globale doivent être prises en charge. Les conditions favorables ou non dans lesquelles se développent le jeune enfant auront un impact direct sur son développement émotionnel, relationnel et cognitif immédiat et à long terme des conséquences sur son état de santé à l’âge adulte mais aussi sur son insertion sociale à venir.

Agir sur les déterminants socio-environnementaux est un levier majeur de lutte contre les inégalités sociales. Faire de la prévention primaire en soutenant et valorisant les parents dans leur rôle et fonction, une priorité, c’est lutter contre les maltraitances infantiles, l’échec scolaire, les actes d’incivilité voire de délinquance, les conduites à risque et à terme les difficultés d’insertion socioprofessionnelles.

Offrir des structures de proximité alliant l’accueil du jeune enfant à des actions de soutien à la parentalité sans prescription, sans frein financier pour les familles est un moyen de lutte contre l’isolement social, la pauvreté intellectuelle, éducative et culturelle en dynamisant les échanges transgénérationnels ou entre pairs pour une meilleure cohésion sociale.

L’apport des professionnels et associations partenaires viendra en soutien pour un étayage varié et de qualité répondant aux besoins exprimés ou ressentis par les familles.

Ainsi ce projet polynésien de Maisons de l’Enfance laisse la part belle à l’originalité, à la créativité.

Si chaque structure s’est dotée d’un modèle architectural différent, chacune de ces 5 structures aura aussi un modèle de fonctionnement unique, répondant en termes d’accueil d’enfants et de proposition de services aux parents, au plus près des besoins profilés par l’état des lieux dans chaque commune. Il s’agit donc de mettre en œuvre un chantier innovant et ambitieux, nécessitant une réflexion collective et la mise en place d’un partenariat volontairement large pour répondre tant aux besoins complexes des familles que pour répondre à des vicissitudes de frais de fonctionnement. Il semble pertinent d’utiliser au mieux les ressources humaines des divers Services du Pays, comme celles des associations volontaires.

Chaque structure aura à tisser individuellement un partenariat basé sur des liens de proximité avec les divers services et associations partageant les mêmes missions de prévention, d’éducation et d’accompagnement des enfants et des familles.

L’objectif étant de construire un projet avec un enjeu commun de bien-traitance, avec la mise en œuvre de synergies et de compétences croisées dans le but d’affiner la qualité et la pertinence de l’accompagnement des familles, le savoir des uns enrichissant le savoir collectif.

La commune de Punaauia a choisi de s’inscrire dans une démarche préventive d’accompagnement des familles, en couplant cette inauguration de la Maison de l’Enfance à la création d’un Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD).

Gageons que la mixité des partenariats avec la mise en œuvre d’actions spécifiques de prévention primaire, ancreront la commune dans une ère nouvelle d’approche familiale où il s’agira de trouver des pistes concrètes à la question : comment promouvoir le bien-être des parents pour un meilleur devenir des enfants ?

Pour en savoir plus :

• Ministère du travail et du dialogue social, de l’emploi, de la formation professionnelle, de la recherche et de la condition féminine

Tél : 40 47 20 00

• Fare Tama Hau Tél : 40 48 80 80

• Mairie de Punaauia Tél : 40 86 56 56 poste 650

• CPS Tél : 40 41 69 74

Maison de l’Enfance de Faaa

Tél : 40 50 78 85 Courriel : faaa@maisonenfance.pf

Maison de l’Enfance de Punaauia

Tél : 40 50 67 70 Courriel : punaauia@maisonenfance.pf

Maison de l’Enfance de Taravao

Tél : 40 50 67 75 Courriel : punaauia@maisonenfance.pf

Maison de l’Enfance de Uturoa (Raiatea)

Tél : 40 60 20 00 Courriel : uturoa@maisonenfance.pf

Maison de l’Enfance de Taiohae (Nuku-Hiva)

Tél : 40 92 00 74 Courriel : taiohae@maisonenfance.pf

 

B.P. 2551, 98713 Papeete – TAHITI Polynésie française – Quartier Broche (rez de chaussée, bât. D Présidence),

ave. Pouvanaa a OOPA- Tél. : (689) 47 22 80 – Fax. : (689) 47 22 90 – Email : mts@presidence.pf